Association pour Salin Commune
10 rue du Bois – BP 19 – 13129 Salin de Giraud
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Salin de Giraud le 26 février 2009
Alerte aux PCB en prévision de travaux pharaoniques
sur l’embouchure du Rhône
Le projet B5 : un scandale régional aux multiples facettes
1) Les faits
Il n’est pas inutile de le rappeler, mais les habitants de Salin de Giraud et les deux usines SOLVAY et SALINS demandent depuis plus de 100 ans la construction d’un pont de desserte locale à Barcarin.
En 1995 : Michel Vauzelle, nouveau Député-maire d’Arles fraichement élu a promis aux Saliniers de porter et de défendre le projet de construction d’un pont auprès du Conseil Général des BdR. Le projet est mis à l’ordre du jour par le Président du Conseil Général des BdR, Lucien Weygand qui s’exprime ainsi dans le quotidien « Le Provençal » du 27 sept. 1995 : « Ce n’est pas un problème nouveau qui surgit brusquement : depuis que je suis au Conseil Général, depuis 1973, il y a à chaque session un débat sur le pont. Et aujourd’hui certains font semblant de découvrir le problème : est-ce sérieux ? (…) A cet égard je trouve que la proposition de Michel Vauzelle (…) va dans le bon sens. (…) Il y a deux ans j’ai accepté, à titre expérimental, d’améliorer les rotations des Bacs. C’est une catastrophe : le coût est exorbitant… ». Une scandaleuse campagne de manipulation et de désinformation est lancée par Alain Tamisier (tendance écologiste intégriste) auprès des associations Camarguaises. La propagande fonctionne très bien et les Camarguais se mobilisent contre la construction d’une autoroute au Sud de la Camargue qui trouve son origine dans la construction d’un pont à Barcarin. Une manifestation anti-pont est organisée le 14 octobre 1995 sur la place de la République à Arles, à laquelle quelques centaines de personnes de bonne foi (mais pratiquement aucun Salinier) défilent sur le thème : « Non à une autoroute en Camargue, Non au pont de Barcarin. » Les élus ne comprennent pas immédiatement cette manipulation, mais arrêtent le projet.
Le référendum du 22 juin 2003 : Notre association a organisé en juin 2003 un référendum local à Salin de Giraud qui aurait normalement dû être pris en charge par les élus locaux depuis des décennies. Le résultat de ce référendum (oui au pont à 86,7%, oui a un nouveau bac à 13,3%, taux de participation de 60%, dépouillement sous le contrôle de Philippe Martinez adjoint Spécial de Salin de Giraud) a permis à la population d’exprimer une fois de plus son besoin d’un pont de desserte locale à Barcarin.
La délibération historique du CG13 le 25 juin 2004 : Les éclairages apportés par notre association sur le franchissement du Rhône à Barcarin (référendum de juin 2003 + respect par les bacs de la Loi sur les PHEN [*]) a éclairé le CG13 qui a adopté à l’unanimité la délibération n°22 du 25 juin 2004 favorable au principe de la construction d’un pont entre Salin de Giraud et Port Saint Louis du Rhône
[*] : En novembre 2003, notre association a soulevé un problème majeur de non respect de la sécurité civile sur le transport de passagers par les bacs en périodes de crues (PHEN) et en a immédiatement informé le Préfet des Bouches du Rhône et le Préfet maritime. Appuyée sur ce dossier par le service des Voies Navigables de France, le fonctionnement des bacs a été enfin ramené dans la légalité lors de la crue millénale de décembre 2003.
L’arrêté préfectoral du 10 décembre 2004 dit des « plus hautes eaux navigables » (PHEN), rappelle que les bacs de Barcarin ont interdiction absolue de naviguer en périodes de fortes crues, au delà de 6 000 m3/s mesure à Beaucaire. Le niveau de PHEN a été atteint 8 jours en 2003, 22 jours en 2002, 23 jours en 2001, 15 jours en 2000.
Notre association pose donc ouvertement la question de confiance envers les responsables et dirigeants du SMTDR qui ont sciemment laissé naviguer les bacs de Barcarin lors des deux grandes crues de septembre et novembre 2002 (10 200 m3/s et 9500 m3/s mesure à Beaucaire), alors qu’ils savaient parfaitement qu’ils étaient hors la Loi et faisaient courir des risques vitaux aux usagers, et pire encore, qu’ils reprochent publiquement à notre association (encore de nos jours) de les avoir forcés indirectement à respecter la Loi.
Décision du CG13 en septembre 2006 de construire un nouveau bac (le Barcarin 5) en remplacement du Barcarin 3 : La commission transport du CG13 décide de remplacer le B3 (âgé de 40 ans) par un nouveau bac, le B5, en incohérence totale avec sa délibération de juin 2004. En octobre 2006, le jour de la cérémonie d’inauguration de la campagne de démoustication à la plage Napoléon (Port St Louis du Rhône), notre association trouble la fête et rappelle à l’ordre le Président Guérini sur son engagement de construire un pont.
Attribution d’un marché public en février 2007 sur l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la construction d’un nouveau bac pour le site de Barcarin : marché attribué par le Syndicat Mixte des Traversées du Delta du Rhône (SMTDR) à la société CONEXNAV Bordeaux.
Attribution d’un marché public en juillet 2007 sur la maîtrise d’œuvre pour la construction de deux nouvelles cales d’accostages pour le nouveau bac de Barcarin : marché attribué par le SMTDR à BRL Ingénierie.
Enquête publique en février 2009 sur les communes d’Arles et de Port St Louis du Rhône en vue la construction de deux nouvelles cales d’accostages pour le nouveau bac de Barcarin : La population des 2 communes riveraines est dans l’ignorance la plus totale de ce projet. De nombreux habitants de Salin de Giraud viennent clamer au commissaire enquêteur leur absolue opposition à la construction d’un nouveau bac.
Notre association découvre dans le dossier du bureau d’étude BRL Ingénierie, qu’il est nécessaire de draguer le lit du fleuve sur une surface prévisionnelle de 7 500 m² et un volume total de matériaux à déplacer de 15 500 m3. Il est prévu de refouler ce monumental volume de matériaux dans le lit de fleuve (l’équivalent d’environ 600 camions semi remorque).
Notre association découvre aussi que ce dossier fait état dans le chapitre V-II d’une analyse chimique de 2 x 3 échantillons prélevés sur les futurs emplacements des deux cales d’accostages avec des résultats pour le moins surprenants. Les taux de pollution de ces échantillons (métaux lourds, résidus chimiques) font état d’une contamination quasi inexistante, et jusqu’à 10 fois inférieures aux normes administratives en ce qui concerne le polychlorobiphényle (PCB) !
Notre association crie au scandale, à la manipulation des analyses et à la mise en danger délibérée des populations riveraines.
A ce jour, notre association est la seule à dénoncer cette future pollution du Rhône, et aucun autre acteur majeur de la protection de la Camargue (Parc Nature Régional, Tour du Valat, SM la Palissade, Réserve Nationale, DESMID, …) ne vient nous épauler, ni même murmurer ne serait ce qu’un avis sur ce projet. La construction de ces deux cales d’accostage va demander des mois de travaux. Le lit du fleuve va être copieusement remué et les alluvions contaminées aux PCB vont être entraînées vers l’embouchure et les plages. Il est clair que cette pollution va toucher les parcs à moules, les tellines – richesse des plages de Camargue – ainsi que le monde marin.
2) Enjeux environnementaux
L’État a formellement interdit la consommation humaine de toutes les espèces de poissons pêchées dans le Rhône sur 300 kilomètres du fleuve, de l’amont de Lyon à son embouchure en Camargue car le lit du fleuve contient des quantités de PCB, jusqu’à 40 fois supérieures aux normes admises par l’OMS et les autorités sanitaires européennes et françaises.
Pollution du Rhône au PCB : le maire d'Arles dépose plainte contre X – La Provence – 20 septembre 2007
Dénonciation des analyses du bureau d’études BRL Ingénierie
Les résultats des analyses sont inacceptables.
Des tests sanguins de dépistage de la contamination aux PCB ont été effectués pendant l’automne 2008 sur des habitants volontaires de Port St Louis du Rhône et les résultats sont sans appel : la pollution est bien là dans le Rhône mais BRL Ingénierie a été incapable de la détecter !
La représentativité des 6 échantillons de 500 grammes chacun, rapportés au volume total à déplacer de 15500 m3 est totalement aberrante et non représentative (en proportion de 1 pour 10 millions). Elle correspond à un échantillon pour chaque tranche de 5 000 Tonnes, ou encore (par analogie) à un échantillon prélevé sur chaque tranche de 100 camions semi remorque !
Les échantillons ont été prélevés à 30 cm de profondeur dans les alluvions, ce qui là encore n’est absolument pas représentatif de l’épaisseur de dragage qui va être réellement effectué.
Les métaux lourds et résidus chimiques PCB qui se sont accumulé par strates depuis des décennies sur de grandes épaisseurs d’alluvions vont être remis en suspension par le dragage et relargués dans l’eau jusqu’à l’embouchure et la mer.
La faune benthique qui vit au contact de la vase du fleuve et de la mer va être directement contaminée par cette pollution.
Les parcs à moules, à huitres, les coquillages vivant dans le sable tels que les coques, palourdes et tellines qui filtrent les particules fines de l’eau vont eux aussi être directement contaminés par cette remise en suspension des polluants et leur relargage dans l’eau courante.
Un impact indirect sur le biotope et la chaine alimentaire humaine et animale est fortement prévisible.
L’association pour Salin commune demande que le Parc Naturel Régional de Camargue fasse enfin son boulot et diligente une série de contre analyses par un autre bureau d’étude avec des prélèvements d’échantillons beaucoup plus nombreux en préalable formel au moindre déplacement du premier m3 d’alluvions à Barcarin.
Nous demandons que le PNRC sollicite l’avis de tous les grands acteurs de la protection de la Camargue qui jusqu’à ce jour sont restés muets comme des carpes (chargées aux PCB évidemment) : Station biologique de la Tour du Valat, SM la Palissade, Réserve Nationale de Camargue, CNRS, DESMID, … et convoque une commission extraordinaire qui débattra publiquement, dans la salle polyvalente de Salin de Giraud, de ce projet de construction des deux nouvelles cales d’accostage à Barcarin.
Notre association demande également que le PNRC joue son rôle de référent sur le territoire pour que les populations riveraines de Salin de Giraud et de Port Saint Louis du Rhône soient correctement informées :
1. Sur les quantités d’alluvions réelles qui vont être mises en suspension dans le fleuve et qui vont se redéposer sur les 15 Km du fleuve de Barcarin jusqu’à l’embouchure et jusqu’à la mer, car compte tenu des résultats d’analyses de BRL Ingénierie, nous sommes circonspects sur la véracité du reste du dossier d’étude.
2. Sur les impacts sanitaires que cela va entrainer sur la pêche en mer des poissons et la récolte des coquillages qui vont être recouverts d’alluvions contaminées.
3. Sur les risques pour les bains de mer à proximité de l’embouchure du fleuve et les impacts touristiques que cela va entraîner.
La passivité des grands acteurs de la protection environnementale de la Camargue, créerait sur ce projet un précédent qui décrédibiliserait totalement l’ensemble de l’édifice et empêcherait par la suite le PNRC de tenir ses positions sur tous les autres sujets.
Les habitants de Salin de Giraud et de Port St Louis du Rhône ainsi que tous les pêcheurs du littoral auraient la légitimité de demander des comptes au PNRC et de se retourner contre lui pour savoir quelle est la véritable nature de la protection environnementale qu’il défend …
3) Enjeux citoyens et économiques
Jean Noël Guerini, Président du Conseil Général des BdR, a toujours été le seul véritable patron des bacs de Barcarin : tout ce qui se passe aujourd’hui est le fruit de sa volonté.
Jusqu’en 1998 les bacs étaient gérés et financés à 100% par le CG13. Le Syndicat Mixte des Traversées du Delta du Rhône (SMTDR) a été créé en 1998 financé par le CG13 (60%) le Conseil Régional PACA (34%) et la ville d’Arles (6%).
Notre association dénonce avec force le double langage et le double comportement de Jean Noël Guerini qui clame depuis des années que les bacs de Barcarin sont un gouffre financier pour la collectivité (il a même fait voter en 2004 une délibération sur le principe de la construction d’un pont), alors que dans le même temps il donne sa bénédiction à la commission transport du CG13 sur un budget de 15 millions d’euros pour construire un nouveau bac et deux nouvelles passerelles qui vont perdurer encore 20 ou 30 ans et terminer de ruiner définitivement le village de Salin de Giraud avec un péage de 10 euros aller/retour.
Avec une consommation de près de 800 000 litres de carburant par an, les bacs de Barcarin sont déjà, et de très loin, les plus grands consommateurs-pollueurs de tout le territoire du PNRC, émetteurs de plusieurs milliers de tonnes de CO2 chaque année dans l’atmosphère.
Jean Noël Guerini va financer et maintenir à long terme la pollution de l’atmosphère et de l’embouchure du Rhône avec l’argent des contribuables !
Le Président du CG13 a déjà eu le même double langage et double comportement avec le projet de l’incinérateur de Fos/Mer destiné à le débarrasser des poubelles de Marseille au préjudice de la santé des habitants de Fos/Mer, Port St Louis et Salin de Giraud. Jean Noël Guerini a juré qu’il était contre ce projet mais au final, a laissé faire…
L’association pour Salin commune demande que Jean Noël Guerini tienne enfin son engagement de construire un pont de desserte locale et à péage à Barcarin :
1. Ce pont mettra définitivement fin aux déficits abyssaux payés chaque année par les contribuables qui n’en peuvent plus de voir leurs impôts locaux augmenter chaque année.
2. Le péage permettra d’employer une grande partie des personnels du SMTDR qui travaillent actuellement sur les bacs et de réguler le flux des véhicules pour modérer le trafic en Camargue.
3. Le franchissement du Rhône au moyen d’un pont sera conforme aux principes du développement durable : réduction des consommations injustifiées d’énergie fossile grâce à la modération énergétique, dé-carbonisation des moyens de transports, …
Si le projet du B5 devait malheureusement être maintenu, l’association pour Salin commune demande que les passerelles du nouveau bac soient compatibles avec les cales d’accostage existantes qui suffisent amplement à faire accoster alternativement deux bacs en service simultané. Si les plans et spécifications actuels du B5 ne sont pas compatibles avec les cales d’accostage existantes, ils doivent être retoqués pour le devenir.
Georges HERRERA, Président
Manifestation du 26 février 2009

Commentaires (2)
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